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Des sauvegardes pour l’éternité (Partie 3)

Quel est le meilleur support de stockage pour l’archivage à long terme ? Cette semaine : la disquette et le support optique !

De la disquette au support optique

De nombreux utilisateurs d’ordinateur âgés de 30 ans ou plus se souviennent de l’époque où ils devaient stocker les données de leur ordinateur sur des disquettes, ou même sur des cassettes de données compactes. Des données ou des applications en quantité énorme devaient être stockées sur de nombreuses disquettes qui devaient alors être insérées dans l’ordinateur l’une après l’autre si un autre utilisateur (ou acheteur) souhaitait les installer sur son ordinateur. Avec l’apparition des premiers PC de bureau, des ordinateurs Apple et des programmes graphiques avancés, le besoin en capacités de stockage plus importantes se fit très vite sentir, même pour les consommateurs courants et les utilisateurs de petites et moyennes entreprises. La capacité de stockage de ce support magnétique était très faible avec seulement 1,44 MB d’espace de données pour une disquette de 3,5 pouces introduite en1984, la même année que le Macintosh d’Apple. Les premières disquettes ont été inventées en 1971, d’une taille de 8 pouces et ne pouvant stocker que 80 kilooctets, en lecture seule uniquement. Les premiers utilisateurs de disquettes étaient en mesure de stocker des données sur celles-ci pouvaient sauvegarder 256 KB de données. Bien que les disquettes soient toujours disponibles à l’achat, elles sont à présent de simples objets collectors pour les ordinateurs anciens. Certains fabricants prétendent qu’une disquette peut durer entre dix et vingt années si elle est stockée correctement. Cependant, certains de ces supports ne durent qu’entre trois et cinq années. Cela dépend simplement de la qualité initiale du produit.

Partager des données graphiques ou de mise en page d’un fabricant à un autre était quasiment impossible. Par conséquent, une autre solution devait être trouvée pour les appareils de stockage portables. C’est pourquoi les lecteurs zip Iomega ont connu un large succès dans les années 90. En bref, les lecteurs de disquettes étaient des périphériques externes dotés de disques durs magnétiques simples recouverts d’une couche de plastique. Ces lecteurs étaient faciles à manipuler, plutôt légers, et avec des capacités de stockage de 100, 200 ou 750 MB au total pour chaque support. Toutefois, de nombreux utilisateurs n’étaient apparemment pas très soigneux avec le périphérique externe et le support lui-même. Ainsi, beaucoup parmi ceux-ci se sont plaints du « click of death » des lecteurs zip, qui était tout simplement dû à un choc reçu par les têtes de lecture, un problème courant lorsqu’un disque dur est tombé au sol, a été écrasé, ou a reçu des coups. Ceci n’est cependant pas la raison principale pour laquelle le succès de ces appareils a pris fin, mais plutôt l’apparition du CD-ROM, bientôt suivie par celle du DVD.

Le succès du CD et du DVD

Le Compact Disk (CD) fit sa première apparition au Salon de l’audiovisuel de 1977 en tant que support de stockage optique pour le son et la musique. C’était le résultat de plusieurs années de recherche dans le but d’enregistrer des sons de manière efficace. Avec le début de l’ère numérique au début des années 70, deux sociétés – Sony et Philips – ont cherché un moyen d’enregistrer et distribuer la musique sur un support plus léger et plus petit que les anciens disques vinyle ou cassettes. En 1979 Philips fit la démonstration du premier disque optique et du premier lecteur de CD audio. Le diamètre final était de 12 cm et la résolution avait été augmentée, passant de 14 bits à 16 bits. Cet effort combiné de Philips et Sony a permis de définir une nouvelle norme mondiale. Une décennie fut cependant nécessaire pour que le CD prenne la place du disque vinyle. Au début des années 90, le disque vinyle n’était quasiment plus utilisé pour la publication de nouveaux albums musicaux. La même chose s’est produite avec le stockage de données. Avec l’apparition des jeux multimédia et leurs quantités de données de plus en plus importantes, les producteurs publièrent leurs jeux sur CD pour la première fois en 1991.

Normalement, un CD audio ou un CD de données est fabriqué dans une usine spéciale, une usine de pressage. Le producteur confie ses données (audio) à l’usine de pressage, où est ensuite créé un disque matrice. La quantité requise est ensuite copiée à partir de ce disque matrice. Un CD typique peut contenir jusqu’à 80 minutes de musique ou 650 MB de données.

À l’évidence, toute personne ayant une conception sérieuse des affaires ne se présenterait pas dans une usine de pressage de CD pour stocker ses données personnelles ou professionnelles sur ce genre de disque produit pour le commerce. C’est pourquoi le CD-R connut un succès énorme peu de temps après la révolution apportée par le CD audio. Une société japonaise inventa ce format en 1988. Philips et Kodak s’associèrent pour devenir les premiers producteurs de disques de données optiques à l’échelle commerciale et introduisirent le premier CD-R et le premier CD image au salon Photokina Photografic en 1992.

Le but principal d’un CD-R est de stocker des données, qu’il s’agisse de musique mastérisée en numérique ou des fichiers d’une base de données ou d’une application. La technologie qui se cache derrière le CD-R est la suivante : le disque est fait de polycarbonate sur lequel plusieurs couches différentes sont appliquées. L’un de ces couches est faite d’une teinture organique spéciale. Lorsque des données sont gravées sur le CD-R, les propriétés d’absorption et de réflexion du plus petit élément de cette teinture (les creux) sont modifiées par le laser. Lorsque les données sont lues, un autre laser plus petit utilise la réflexion modifiée de la couche de réflexion métallique (dorée, ou plus souvent, argentée) qui se trouve au-dessus de la couche de teinture pour la convertir en signaux électriques, également appelés bits et octets. Afin de protéger la teinture et la couche de réflexion du CD-R, une autre couche transparente complète la face enregistrable du disque.

Bien qu’un CD-R (ou un CD sorti d’une usine de pressage) dispose d’un espace de 650 MB, ce qui est suffisant pour 10 à 12 pistes standard de musique, ce n’est pas suffisant pour les films ou les logiciels de très grande taille. Ainsi, le DVD fut inventé et introduit sur le marché en septembre 1995. Un an plus tôt, deux formats en concurrence furent introduits par Sony et Philips d’un côté, et par Toshiba de l’autre. Ceci amena une confusion dans l’esprit des consommateurs quant au format qu’ils devaient se procurer pour leurs films : un CD multimédia (MMCD) de chez Sony/Philips ou un lecteur à super densité (SD) de chez Toshiba. Quoi qu’il en soit, une « guerre des formats » telle que celle rencontrée entre les lecteurs VHS et Betamax à la fin des années 70 devait être évitée. Deux autres formats, le CD vidéo et le disque laser connurent également un échec commercial. C’est pourquoi un accord a été trouvé entre les différentes sociétés pour mettre au point un nouveau format, le Digital Video Disc, ou Digital Versatile Disc (DVD) qui allait devenir la nouvelle norme.

Pour faire simple, la technologie utilisée pour le DVD est quasiment la même que celle utilisée pour le CD. Sachant que le DVD a été inventé pour stocker davantage de données sur un disque du même diamètre, l’espace disponible sur le support devait être utilisé de façon plus efficace. C’est pourquoi la distance entre les creux et les bosses, de même que leurs tailles, devaient être réduites. Ainsi, davantage de données pouvaient être stockées sur le disque. Par ailleurs, un lecteur/enregistreur de DVD est doté d’un laser plus sensible pour la lecture et l’écriture des données, qu’il s’agisse de plusieurs fichiers ou d’un film entier. Un DVD standard peut stocker 4,7 GB de données. Toutefois, d’autres évolutions ont par la suite mené au DVD à double couche (DVD-R DL). Cela peut être soit deux couches se trouvant sur la même face (DVD-9) et pouvant contenir jusqu’à 8,5 GB de données, soit, dans le cas d’un DVD-RAM, deux couches de données de 4,7 GB sur chaque face avec un total de 4 couches de données et 9,4 GB d’espace (DVD-10). D’autre part, il existe aussi sur le marché le DVD-RAM (DVD-17) qui est également doté de quatre couches de données et peut contenir jusqu’à 18 GB de données. Mais ce dernier format ne s’est pas imposé au-delà du marché japonais.

La durée de vie typique d’un DVD est presque la même que celle d’un CD : un DVD durera, s’il est stocké correctement, entre deux et cinq années, bien que les fabricants affirment que les données stockées sur un DVD peuvent durer entre 10 et 20 années.

L’invention la plus récente à s’être imposée sur le marché est le blu-ray. Comme son nom le suggère, le blu-ray utilise un laser bleu dont la lumière d’onde est plus courte. Ainsi, les données peuvent être écrites plus proches les unes des autres sur le disque et le point du laser est beaucoup plus petit. En outre, le taux de transfert a également été considérablement augmenté afin que les données puissent être lues beaucoup plus rapidement. Un disque blu-ray se présente en deux versions : avec simple couche et avec double couche. Le disque à simple couche peut stocker jusqu’à 25 GB de données, tandis que celui à double couche peut stocker jusqu’à 50 GB. Les disques blu-ray à triple ou quadruple couche peuvent stocker jusqu’à 128 GB de données (en se basant sur ce que l’on appelle le format BDXL), mais aussi bien l’enregistreur qui peut graver les disques BD-R XL que les supports vierges ne sont courants ni aux États-Unis, ni en Europe, et doivent être achetés au Japon.

Depuis l’invention du CD, de nombreux autres concepts de support optique ont été présentés au public, tels que le système de stockage de données holographique ou le stockage optique 3D, pour lequel une troisième dimension est introduite au support de stockage, mais ces concepts n’ont jamais été lancés sur le marché.

En conclusion : sachant que les disquettes sont devenues très rares, personne ou presque ne disposant aujourd’hui d’un lecteur de disquettes en état de marche, ce support de stockage ne présente que des inconvénients. Celui-ci ne permet de stocker qu’une très petite quantité de données et le support nécessite un matériel ancien (devenu cher à l’achat) pour fonctionner.

Le support optique peut en revanche s’avérer un support de stockage supplémentaire, à la fois pour les consommateurs et les petites et moyennes entreprises souhaitant juste stocker une petite quantité de données comme sauvegarde. Le support optique doit toujours être stocké dans un boîtier adapté et dans l’obscurité. Par ailleurs, le disque doit être manipulé avec précaution afin d’éviter les rayures et la poussière qui peuvent détruire les couches de données sous la couche de sécurité transparente. Il est judicieux de vérifier les données régulièrement et de les migrer vers un support optique après 2 ou 3 années.

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