Les SSD sont-ils moins fiables que les disques classiques

lundi 14 janvier 2013 par Olivier Pavie

Les SSD sont-ils moins fiables que les disques classiques

Ontrack vient de mener une étude sur les différences de fiabilité entre disque dur et SSD. Un constat qui prouve que le disque dur a encore de longues années devant lui.

Au vu du métier de Ontrack, il est difficile de mettre en doute les résultats que cette société a pu obtenir en termes de mesure de fiabilité entre disque dur "classique" et SSD. Surtout au vu du nombre de récupérations de données de disques SSD réalisées sur 4 ans. Certes, le pourcentage d'opérations reste à moins de 10% de la totalité, mais d'une part les faits sont là, établis sur un chiffre de 50 000 récupérations réussies par an, et d'autre part, le marché SSD n'est pas encore comparable avec celui des disques durs en service, même s'il s'accélère.

Les éléments importants à retenir de cette analyse

En premier lieu, il y a le même pourcentage de pannes entre les deux technologies, voire un peu moins pour le disque dur, ce qui démontrerait un SSD moins fiable que le disque dur. C'est radicalement un mythe qui s'efface, sans jeu de mot, dans l'état actuel et passé des deux technologies pendant ces 4 années de cohabitation.

Ce que l'on apprend également, c'est que le pourcentage de données récupérées à capacité égale est moindre par rapport à celui des disques durs. Même si les ingénieurs semblent dire que cela peut s'arranger avec le temps, il y a effectivement de réelles contraintes difficiles à réduire. Si chaque année il y a une  amélioration de la technologie de récupération pour une capacité donnée, il y a malheureusement augmentation de la capacité du support et proportionnellement plus de données à récupérer… ou à perdre…

On peut se poser la question du pourquoi d'une telle difficulté à suivre le rythme dans la récupération par rapport à la baisse des coûts et l'augmentation des capacités. Et bien là, le problème est directement lié à la technologie :

  • En raison de la complexité de l'organisation des données, il est beaucoup plus lent d'accéder à l'intérieur de la structure logique de puces défectueuses et de reconstruire les tables, avec le risque d'encore plus les endommager,
  • En l'absence de normes, il y a de plus en plus de microprogrammes de gestion des données qui n'ont rien à voir les uns avec les autres,
  • Pour le cryptage ou "chiffrement", il y a le risque supplémentaire d'exploiter le microprogramme du fabricant qui vient compléter l'absence de norme d'organisation des données. Mieux vaut en définitive exploiter un logiciel de chiffrement dont vous avez la clé.

Au final, quelles solutions ? Parmi celles qui voient le jour, des sortes de disques hybrides disque dur / SSD peuvent paraître intéressantes. Dans tous les cas, la sauvegarde régulière est impérative, l'usage du Cloud incontournable.

SSD et durée de vie des données, question de température ?

C'est la société Seagate qui est à l'origine d'une autre étude menée sur la fiabilité du stockage des données sur SSD. Si Seagate est le leader mondial dans le domaine de la fabrication des disques durs, ceci explique peut-être cela. Toutefois, il ne faut pas être trop mauvaise langue, car Seagate a également besoin d'utiliser les SSD pour certaines de ses gammes de disques durs pour en améliorer les performances dans certains cas d'usages. Le constructeur est donc forcément soumis aux caractéristiques des SSD s'il veut pouvoir en combiner les technologies avec ce qu'il maîtrise depuis longtemps. Or, on le sait, ce sont les disques durs magnétiques qui chauffent le plus par rapport aux SSD ! L'incidence du comportement de la température est donc fondamentale.

L'information provient d'Alvin Cox de Seagate dans une présentation qu'il avait faite au JEDEC, l'organisme qui se charge de la standardisation de la microélectronique. Il reporte sur un graphe la durée de vie des données stockées dans un SSD en nombre de semaines en fonction de la température. Ce qui est indiqué, ce sont des durées de stockage sans alimentation électrique : à 25°, la durée de vie est de 2 ans, à 30°, 1 an, à 35°, 6 mois, à 40° 3 mois, etc.

Ceci va donc concerner tous les équipements déchargés (téléphones mobiles, tablettes, PC portables à disque SSD, …) ou non alimentés pendant des semaines. Ce qui est critique, alors que les températures du graphe sont indiquées en degrés Celsius, c'est que 5 degrés d'augmentation de la température divise par deux la durée du stockage.

D'après les informations qui ont pu être collectées à la source, c'est la seule donnée sur laquelle on puisse se référer de manière sûre. Certains articles parlent de la destruction du support. La logique "physique" et "électronique" laisse plutôt envisager qu'il s'agisse du contenu et donc des données.

Toutefois, si certaines données relatives à l'accès et à l'organisation des données sont également stockées en SSD (ce qui peut être logique, mais loin d'être obligatoire techniquement parlant), leur perte implique le même genre de comportement possible que celui d'un disque dur avec atterrissage de têtes : la récupération des données est très complexe et d'autant plus si certaines données liées au principe même du système sont perdues en même temps. Même pour les meilleurs professionnels de la récupération de données, la difficulté peut être colossale.

En conclusion, mieux vaut utiliser correctement ses SSD, notamment lorsqu'il s'agit de clés USB : bien les déconnecter avec l'outil logiciel adéquat, et les brancher régulièrement.